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Les jeunes pousses du PS, formant le « contre-gouvernement », ont donné le ton de la rénovation et du changement de leur parti, hier à Frangy-en-Bresse, lors de la 35e édition de la Fête de la Rose.
N’est pas Ségolène Royal qui veut. L’année dernière lors de la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, la candidate socialiste à l’élection présidentielle, seule invitée d’honneur, avait rassemblé plus de 4 000 personnes sur les terres d’Arnaud Montebourg, marquant ainsi officiellement le début de sa campagne. Hier lors de la 35e édition de la manifestation populaire imaginée par Pierre Joxe, plus d’un millier de sympathisants sont venus écouter la jeune garde du PS représentée par cinq députés trentenaires et quadragénaires formant ensemble les porte-parole chargés de contrer le gouvernement Fillon à l’Assemblée nationale.
Cinq invités unis, incarnant pourtant des courants différents au sein du PS, qui se présentent comme le symbole de la rénovation et de la reconstruction et dont l’objectif affiché est de dépasser les clivages internes aggravés par la défaite à la présidentielle en mai dernier. « Ce ne sont pas les jeunes qui veulent remplacer les anciens, irremplaçables mais la politique consiste à s’additionner », a déclaré, en préambule, Arnaud Montebourg devant l’assistance amusée par cette position très consensuelle. Auparavant en coulisses et devant les caméras, il avait dit « que les écuries ont fait beaucoup de mal au PS, nous avons des propositions à faire. Donnons-nous la main et causons-nous ». Il laissera à ses hôtes le soin de poser des nouvelles banderilles sur le parti.
« Nous pensons qu’il faut transformer en profondeur le Parti socialiste miné par le sectarisme de son appareil, sclérosé, coupé de la diversité de la société. Un nouveau leadership ne se décrète pas, il se construit patiemment », s’est emporté le député-maire d’Évry, Manuel Valls qui a refusé la proposition de rentrer dans le gouvernement Fillon.
« Au lieu d’une seule personnalité, Arnaud a invité un collectif », s’est félicitée la députée de Paris, Sandrine Mazetier. Le député de la Nièvre, Gaëtan Gorce a abondé dans ce sens : « Le débat doit être vivant et pas confisqué par le parti », glissant aussi « le devoir de se retirer en cas d’échec ». Pour ce cercle de rénovateurs, la question de la génération n’est pas le tremplin incontournable au changement.
« L’arme des idées est celle de la reconquête. C’est d’un Épinay moderne qu’il nous faut désormais assumer », a affirmé le député de la Bresse-Val de Saône, faisant référence à la naissance du PS sur les ruines de la SFIO en 1971. Moins provocateur qu’à l’accoutumée, plus prudent, Arnaud Montebourg a tout même fustigé la politique gouvernementale et égratigné la ligne de conduite du président Sarkozy : « Une bulle médiatique artificielle de l’Élysée. Il a décidé de capter tous les pouvoirs, les ministres ont disparu des écrans radars. A chaque fois qu’il y a un fait divers, Sarkozy fait voter une loi. Il nous dit que son seul souci c’est Cécilia, nous, notre seul souci c’est la France et les Français ! ». Tour à tour, les députés socialistes, chargés de différents sujets dans le contre-gouvernement, ont parlé de leur vision des réformes. « Le développement durable doit être le nouvel âge du socialisme » pour Philippe Martin, député du Gers qui en a appelé auparavant aux « valeurs de sacrifice et de fraternité » du parti.
Aurélie Filippetti, 34 ans, députée de la Moselle, conseillère de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, a brocardé Nicolas Sarkozy : « le candidat des rentiers qui a défendu la valeur travail » avant d’évoquer la croissance économique « qui ne répond pas quand on la siffle, c’est à l’échelle européenne que nous aborderons la mondialisation ». Et Gaëtan Gorce d’ajouter que « décider d’agir dans la mondialisation c’est réhabiliter le pouvoir politique ». Il propose, parmi ses quatre rénovations, de « promouvoir un socialisme de l’individu ».
Concernant le dossier « sécurité », le maire d’Évry, Manuel Valls qui a toujours défendu un discours de fermeté va débattre du dossier de l’immigration au Parlement dans quelques jours. Il a exhorté les socialistes à « sortir d’un discours militant et compassionnel ». Il plaide « pour que nous soyons au clair, enfin ! sur la question de la régularisation des sans-papiers, des politiques nationale et européenne qu’il faut mener pour lutter contre l’immigration clandestine et aider les pays du sud ». Pour le député de l’Essonne, « la République doit conjuguer fermeté et générosité et la notion d’autorité plaide pour des règles claires et lisibles par tous ».
Emmanuelle Bouland
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