Daniel AUDUC


Laïcité
16 février2008, 9:18
Classé dans : diverses

Le Président de la République s’est à nouveau exprimé sur la place des religions à l’occasion du dîner annuel du CRIF. Tentant de justifier ses précédents propos au Latran et à Ryad, il s’est montré en contradiction avec ce qu’il avait dit sur le rôle de l’instituteur et du curé auxquels il a cette fois ajouté le rabbin et l’imam, mais ce qui est plus grave c’est qu’il a donné une curieuse version de l’origine des drames du 20ème siècle.

 

Laisser penser, comme il le dit, que le nazisme comme le communisme, étaient le résultat « non pas d’un excès de l’idée de Dieu mais de sa redoutable absence » apparaît comme une lecture erronée de l’Histoire. Il occulte totalement le long processus commencé au début du 19ème siècle avec la chute des empires, la montée des nationalismes – souvent soutenus par les Eglises – qui aboutiront à la première guerre mondiale, aux effet désastreux de la crise économique en Europe qui donneront naissance au fascisme et ensuite au nazisme. Quant à la naissance du communisme, il suffit d’abord de se rappeler du totalitarisme des empereurs russes et du rôle de la première guerre mondiale.

L’idée de Nicolas Sarkozy est malheureusement assez simple, elle se résume à dire que « seules les religions peuvent porter l’espérance et que l’idéal laïque tendrait à s’épuiser ».

Pour les socialistes au contraire la morale laïque est le respect de la liberté de conscience, donc le respect de toutes les religions, tout en construisant un espace public, démocratique et tolérant préservé des enjeux religieux.

Pour les socialistes, c’est le cœur du pacte républicain.

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